Duo

  • Paris, France
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Image de l’Est

 

L’Est est un devenir… Une aube… Une promesse… L’est de Paris petit à petit se précise, se fabrique et apparaît. Il complète et modifie une situation inachevée. Il s’agit ici d’y construire son sommet, son point culminant pour ce début de siècle. D’y affirmer un caractère et une singularité en relation avec la réalité du site, avec cet objectif : révéler sa particulière beauté, s’appuyer sur elle pour inventer et renforcer l’attractivité du lieu.

 

Parmi d’autres, trois caractéristiques doivent être prises en compte pour orienter le projet :

– Le fond de perspective de l’avenue de France.

– Sa situation en limite d’un des fleuves ferroviaires qui vont au cœur de la capitale.

– Sa position en bordure du périphérique dont il doit devenir un événement identitaire.

 

L’implantation de la tour suggérée par le document d’urbanisme ne lui confère pas un statut de point de repère directement lié à la perspective de l’avenue de France. Ainsi, depuis le trottoir de la Bibliothèque nationale de France, elle n’est pas visible. Une légère inclinaison serait de nature à la faire apparaître… Ce déhanchement permettrait un jeu de reflets du paysage ferroviaire dans la façade sud, jeu très lisible depuis le boulevard périphérique et depuis le boulevard du Général Jean-Simon. Dans cette hypothèse, la tour devient plus présente dans la perspective de l’avenue de France si elle est en bordure du périphérique. Son expressivité est affirmée quand elle est en stricte limite du boulevard périphérique, son inclinaison lui donne une dynamique particulièrement lisible depuis le flux de ce boulevard. La conséquence est que le second immeuble est alors situé le long du boulevard du Général Jean-Simon. Il en devient plus urbain, plus humain. Il peut ainsi accueillir des commerces à son pied, créer des terrasses accessibles, avoir des fenêtres ouvrables éloignées de la pollution sonore et poussiéreuse du boulevard périphérique.

 

Le principe essentiel de la proposition urbaine du programme – la fracture médiane et la place centrale entre les deux immeubles pour éclairer l’hôtel industriel Berliet – est conservé et accentué par la double inclinaison des bâtiments qui exhibent leur connivence et ainsi ouvrent un V de soleil.

 

Les deux immeubles sont urbains, au niveau du sol le balcon public sur les voies regarde Ivry, il est bordé par une grande brasserie et sa terrasse. Il est l’accès à l’hôtel et à la tour et accueille des commerces sous forme de grands kiosques qui pourraient aussi ponctuer le large espace du carrefour avenue de France et boulevard du Général Jean-Simon…

 

Ces deux immeubles essayent d’amplifier le plaisir d’être là. Ils vont chercher les vues, accueillent des arbres et des arbustes sur leurs terrasses et leurs sommets sont des destinations accessibles à tous. Pour l’immeuble hôtel une grande terrasse orientée vers la Seine et le Paris historique, couverte et protégée du vent, constitue le toit du restaurant panoramique. Pour la tour, son sommet devient un panorama-espace de rencontres dans le cadre de ce grand programme tertiaire.

 

Les immeubles de grande hauteur environnants des décennies précédentes sont étêtés, leurs toitures terrasses ne sont pas accessibles. Nous construisons un sommet et même deux sommets. Un sommet a une tête, un profil qui l’identifie. C’est pour cela que les deux têtes de nos deux protagonistes sont expressives, vivantes, que ce duo dialogue et qu’il parle aussi à ses sympathiques voisins…

 

 

 

Jean Nouvel